Place des Terreaux

Place des Terreaux

Situation

  • La place des Terreaux se trouve dans le premier arrondissement tout au nord de la presqu’île.

  • Elle est desservie par les rues d’Algérie, de Constantine, Paul Chenavard, Edouard Herriot, Joseph Serlin, Puits Gaillot, Romarin et Sainte Marie.

  • La circulation se fait du coté sud d’est en ouest. Les bus passent aussi dans l’autre sens et coté ouest.

  • Le parcours touristique des Voraces part d’ici, il commence par une traboule, mais elle est toujours fermée.

Architecture

  • C’est la plus belle place de Lyon, du fait qu’elle en possède la plus belle fontaine et deux des plus beaux bâtiments, et aussi par ses proportions d’un rectangle parfait.

  • Elle est pavée de granite avec de petites fontaines qui sortent du sol.

  • La mairie a été construite en 1646 par Simon Maupin, elle a brûlé quelques années après et été reconstruite par Hardoin Mansard. La salle d’apparat de la mairie donne sur la place, c’est ici que les personnalités peuvent apparaître au balcon. Cette façade s’ouvre sur une porte somptueuse, ornée de beaux détails et entourée de deux colonnes et de marbre rose. La façade est couverte d’innombrables ornements dont une statue équestre de Henri IV et les médaillons de la reine Anne et des rois Henri IV, Louis XIII et Louis XIV enfant entre autres statues, lions et dorures. En second plan, on voit dépasser le beffroi avec ses dorures et son drapeau.

  • En 1660, la construction du grand palais Saint Pierre entraîna la destruction d'une petite pyramide qui se trouvait sur la place. Ce palais montre une immense façade classique sobrement soulignée de colonnes et de chapiteaux. C’est surtout la porte qui est remarquable avec la femme au cou penché sculptée dans le bois.

  • La grande maison qui ferme la place à l'ouest date de 1858 elle fait face à la mairie à laquelle elle répond dignement avec son grand portail entouré de pierre rose et sa belle proportion de cinq étages. Avant, la fontaine Bartholdi se trouvait devant ce qui permettait l’une des plus fameuses photos de la ville, le portail de la galerie des Terreaux entourant les épaules de la femme guidant son char.

  • La face nord est constituée d’immeubles de bureaux et de logements à l’architecture plus banale, de cinq ou six étages. En 2005, le terrain est cher à Lyon, aussi on rajoute de la hauteur au plus bas pour parfaire l’alignement des toits.

  • La fontaine Bartholdi est la plus belle de la ville, Bartholdi a également réalisé le lion de Belfort et la statue de la liberté de New York. Il s’agit de quatre chevaux en furie, flancs ruisselants d’eau, rênes lâchées par une femme tranquille sur son char. Autour d’elle, des anges, autour de la vasque, les immanquables têtes de lions.

Dédicace

  • Une butte de terre et des fossés qui limitaient la ville au nord portaient le nom de Terreaux. On les a comblés, le nom est resté.

  • L’origine communément admise est que Terreaux signifiait fossé et qu'un fossé s'est trouvé ici jusqu'au 16e siècle. Une autre origine, qui me paraît plus logique, parle de la terre ayant servie à creuser ces fossés et cette butte qui serait restée dans les mémoires.

Histoire

  • Aux temps antiques, un canal était aménagé entre Rhône et Saône, les bateaux pouvaient y passer.

  • Avant d’être une place, elle a longtemps été à la limite nord de Lyon, il y avait des Terreaux que les eaux de la Saône et du Rhône rendaient humides.

  • En 1417, le consulat a décidé de fortifier les Terreaux de Saint Sébastien de Pierre Aigle au Rhône.

  • Ces fossés ont servi de champ de tir.

  • Avant le 16e siècle, la place a servi de marché aux porcs. Il y a eu aussi un temple protestant puis un hospice de mendiants.

  • En 1553, cinq théologiens protestants ont été brûlés aux Terreaux. Le pasteur Monier avait déjà été brûlé ici le 31 octobre 1551.

  • Elle faisait partie des terrains du couvent Saint Pierre qui l’a vendu à la ville en 1559.

  • Au 17e siècle, les jésuites venaient sur cette place afin d’y observer les étoiles en vue de mesurer la taille de la France. Le fameux astronome Cassini aurait participé à ces nuits d’observation.

  • Phénomène plus étrange, le 12 octobre 1621, après le lever de lune, le ciel devint brillant comme en plein jour, les gens sortirent et cinq cent personnes purent témoigner avoir vu passer une étoile guidant une armée à cheval.

  • Le 12 septembre 1642, une foule immense de curieux dont Richelieu est venue voir l'exécution de Cinq Mars et De Thou, coupables d'avoir comploté contre Louis XIII.

  • La place des Terreaux était le lieu des exécutions publiques, plus de cent en 1769. Un roman de Nicole Avril, Monsieur de Lyon raconte la vie de l’un de ces bourreaux qui était une femme qui réussit des années durant à se faire passer pour un homme.

  • Dès la construction de l’hôtel de ville en 1646, la municipalité s’y installa, elle y est restée sous de nombreuses formes, prévôt des marchands, échevin, préfet, maire élu, désigné ou porté par émeute, avec ou sans pouvoir, anarchiste ou royaliste, Lyonnais, Russe ou Troyen, restant quelques heures ou cinquante deux ans.

  • C’est à cette date que la place a commencé à prendre sa forme.

  • La première pierre de la façade du Palais Saint Pierre a été posée en 1659.

  • En 1714, suite à l’instauration d’une taxe sur le bétail, une émeute gonfla place des Terreaux, les émeutiers tentèrent de prendre d’assaut la recette des tabacs où étaient conservés les droits. Cette agitation ne prit pas de grosses proportions.

  • En 1786, les ouvriers chapeliers prirent la tête d’une révolte pour obtenir le paiement d’un tarif fixe par mètre de tissus. Le 8 août les ouvriers occupaient la place des Terreaux. Le 9 août, leur représentant Pierre Sauvage put venir au balcon de la mairie proclamer l’accord des autorités. Les troupes étaient trop fortes et le 12 août, Sauvage, un ouvrier en soie et un chapelier furent pendus sur la même place.

  • En 1789, la municipalité présidait aux destinées de plus de 180 000 Lyonnais d’après un voyageur anglais. Un autre voyageur annonçait qu’en Europe, seule la mairie d’Amsterdam surpassait celle de Lyon en beauté.

  • Dans la nuit du 28 au 29 mai 1793, le maire Bertrand fit placer des canons sur la place, il y a ensuite convié le bataillon Brutus qui lui était opposé pour lui tirer dessus. Les affrontements qui suivirent donnèrent le contrôle de la ville aux modérés Lyonnais qui prirent le dessus sur les représentants de la convention. Ils sont ensuite entrés en résistance contre l'oppression. La journée du 29 mai aurait fait quarante morts et cent quinze blessés.

  • Après un siège terrible, le 12 octobre 1793, la mairie de Lyon perdait son titre pour celui de ville Affranchie, suite à la décision vengeresse de la convention, qui allait entraîner la destruction de centaines de maisons. Louis François Marie Menoux, bien que Suisse partit à la tête de la délégation de ville affranchie plaider le dossier de notre ville à la Convention. Le 18 vendémiaire an III, il obtint le décret accordant à nouveau le droit d’utiliser le nom de Lyon.

  • En 1793 et 1794, c’est ici que la guillotine était installée pour exécuter les insurgés de l’année précédente.

  • Le 6 avril 1794, le tribunal révolutionnaire se retirait après avoir prononcé 1684 condamnations à mort et autant d’acquittements. A l’issue des séances, les prisonniers étaient descendus dans les caves, coté Puits Gaillot, ceux qui avaient été acquittés, coté Joseph Serlin les condamnés à mort. Le 11 décembre 1793, quatorze condamnés réussirent à s’évader des caves où ils étaient détenus en vue de leur exécution, quatre furent repris. Grivet était enfermé dans la cave des condamnés à mort, il dormait dans un recoin obscur le jour de l’exécution et a été oublié. Deux jours sont passés sans qu’il ne voit personne avant qu’un nouveau condamné le rejoigne. A nouveau jugé, il fut acquitté, un sommeil si profond ne pouvait être que le sommeil du juste.

  • Le premier tribunal des prud'hommes a été installé en 1806 à la mairie, en dessous du tribunal de commerce avec obligation aux chefs d'atelier d'y souscrire.

  • Le premier juillet 1809, un décret a été pris imposant le numérotage des maisons à Lyon.

  • En 1851, le conseil municipal a décidé de ne plus donner de nom de rues à connotation politique. La bonne résolution n'a pas tenu.

  • La préfecture a occupé la mairie de 1852 à 1870 environ. Les premières années, Vaïsse cumulait les deux fonctions. La mairie qui abritait encore la préfecture avait fait peau neuve le 7 août 1858 dans l'objectif de recevoir Napoléon III venu admirer les multiples embellissements de la ville.

  • Le 4 septembre 1870, les Lyonnais se précipitèrent au balcon de la mairie pour proclamer la république aussitôt la nouvelle connue de la capitulation de Napoléon III contre les Allemands. Le 28 septembre, c’est Michel Bakounine qui apparaissait au balcon pour proclamer l’insurrection mondiale. Le drapeau rouge, hissé le 4 septembre, y resta jusqu’au 3 mars 1871.

  • En mai 1918, on a célébré la première fête des mères à Lyon.

  • Le 8 mars 1931, le recensement donnait 579 000 habitants à la ville, un record jusqu’à ce jour.

  • Le 11 novembre 1942, l’armée allemande arrivait sur la place. Elle occupa tragiquement la ville jusqu’au 3 septembre 1944.

  • Le 14 septembre 1944, le général de Gaulle vint s’adresser à la foule depuis le balcon de l’hôtel de ville. C’est dans ce discours qu’il a décerné à la ville son titre de capitale de la résistance.

  • Edouard Herriot est venu lui aussi reprendre possession de la mairie le 19 mai 1945, il était resté prisonnier en Allemagne.

  • De nombreux chefs d’état sont venus à l’hôtel de ville, parmi les derniers, celui de la Chine et celui du Portugal.

Art et associations

  • Les membres de la société Jeanne d’Arc et de la société d’études psychiques se réunissent pour étudier le spiritisme et parler aux esprits.

  • La galerie BF15 propose des expositions toujours originales.

  • La société philanthropique savoyarde cohabite avec le foyer savoisien.

  • Le carillon sonne certaines heures en nous jouant quelques airs discrets.

  • La maison de l’architecture a un mur couvert d’une immense maquette de la ville.

  • Une des entrées du musée des beaux-arts se fait ici.

  • La mairie ouvre souvent ses portes à l’occasion d’expositions ou pour des visites guidées.

Commerces et services

  • Coté ouest, la galerie des Terreaux ouvre pour des occasions comme le 8 décembre ou le salon du polar, elle sert aussi souvent de billetterie pour des festivals.

  • Vers 1830, le pharmacien Vernet avait une spécialité de pommade pulmonaire au lichen, son successeur Christophe Lambert en assure peut être toujours la préparation.

  • C’est sur cette place que se serait installé le premier café de Lyon. Les pas de portes sont toujours utilisés par des bars, de vastes terrasses occupent le tiers de la place, elles sont bondées quand le soleil sort. Centre ville oblige, les parasols sont tous similaires, en toile écrue, des vaporisateurs d’eau sont installés pour les jours de canicule. Il y en a cinq, dont le café Leffe, deux restaurants, deux snacks, une boite de nuit et un glacier, une alimentation et les chocolats Voisin.

  • L’éducation nationale a un bureau du centre d’information et orientation, un autre de bilans de compétence ainsi que l’ONISEP. Il y a un espace écoute jeunes, une école des parents et des éducateurs.

  • Une pédicure, un ostéopathe, une agence immobilière, deux magasins de vêtements, un coiffeur, un vendeur de presse, une agence de voyage et six sociétés complètent l’offre.

  • L’entrée des piétons du parking des Terreaux est très discrète, elle donne accès aux sept étages de parking sous la place. Ce parking est la plus belle écurie de motos de la ville.

  • Ca vaut la peine de descendre jeter un coup d’œil à la vitrine où sont exposées plusieurs pièces découvertes à l’occasion du creusement du parking. La grande plaque sur laquelle on marche est un plan de la ville du moyen âge.

Août 2005

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