Place des Jacobins

Place des Jacobins





Situation


  • La place des Jacobins est au cœur de la presqu'île, dans le second, elle est en partie circulaire et ouvre largement sur de nombreuses rues : Gasparin, Emile Zola, Fabre, Port du Temple, de l'ancienne Préfecture, Mercière, de Brest, Herriot, de Tournes, Childebert et à nouveau Herriot vers le sud.

  • La circulation se fait à l'inverse des aiguilles d'une montre avec une station de taxi autour de la fontaine.


Architecture


  • La place est entourée d'immeubles essentiellement de cinq étages et du milieu du 19e siècle, plutôt beaux et luxueux.

  • L'angle sud ouest fait exception avec un immeuble plus haut, onze étages de balcons arrondis.

  • Le coté ouest semble plus ancien avec trois maisons plus petites, celle du milieu est la plus richement décorée de grands bouquets de pierres avec une superbe porte de bois clair ouvragé au n°4. Elle est due à Bossan et datée de 1863.

  • L'immeuble du nord est le plus majestueux, avec une belle symétrie autour des deux colonnes de l'entrée du magasin et ses toits d'ardoise.

  • Le coté est appartient à la rue Herriot, c'est une grande maison élégante dont on peut remarquer les statues cariatides.

  • L'angle aigu qui réunit les rues Childebert et Confort est terminé par une belle tour ronde à colonnes et toit d'ardoise. Encore deux grandes maisons coté sud de part et d'autre de la rue Gasparin, celle du n°9 est couronnée de statues cariatides et de têtes. Le n°8 est plus géométrique avec une belle porte.

  • La plus belle pièce est la fontaine qui occupe le centre, datée de 1878.


Dédicace


  • Elle garde la mémoire du couvent des Jacobins sur les terrains duquel la place a été ouverte. Les Jacobins se sont installés en 1218 ou vers 1230.

  • Le père Michel Cormier a décrit le couvent et le quartier des Jacobins dans son livre, l’ancien couvent des Dominicains de Lyon.


Histoire


  • Depuis 2004, une plaque indique l’historique de la place.

  • Tout au long du moyen âge, la principale artère de la presqu'île passait ici, depuis la rue Mercière vers la rue Confort.

  • Au 13e siècle, les frères prêcheurs étaient à la Madeleine dans le Gourguillon avant de descendre s’installer aux Jacobins. La grande affaire du couvent dans son premier siècle fut d’obtenir le droit d’inhumer, entraînant des bulles de papes dont Alexandre IV et Boniface IX pour régler le dossier.

  • Pierre de Tarentaise, moine Jacobin est devenu archevêque de Lyon en 1272, puis pape sous le nom de Innocent V en 1276. Plusieurs moines sont devenus cardinaux dans toute l’Europe à partir du 13e siècle. Humbert de Romans est devenu supérieur de l’ordre, Pierre de la Palu est devenu patriarche de Jérusalem. Humbert II, Dauphin de Vienne est devenu patriarche d’Alexandrie.

  • En 1300, il y avait onze maisons place Confort, les Jacobins les ont acheté pour les détruire en 1316 afin d’y faire leur cimetière.

  • Le 28 juin 1316, Philippe V le Long, futur roi a fait enfermer les cardinaux au couvent des Jacobins dans l’église notre dame de Confort en vue de les obliger à désigner un pape, la chrétienté en manquait depuis deux ans. C’est Jean XXII qui en ressortit après quarante jours, le 7 août à la Saint Donat, il allait ensuite s'installer en Avignon. Il y eut fête devant notre dame de Confort à laquelle assistèrent les deux frères du roi, Charles et Philippe, le roi Louis le Hutin mourut dans l’intervalle et Philippe devint roi durant les festivités. Ce premier conclave décidé par le concile de Lyon en 1274 a valu coutume et les cardinaux continuent de s’isoler pour élire leur pape sept cent ans après.

  • Nicolas de Freauville est mort à Lyon le 14 février 1323 et enterré aux Jacobins, il a été cardinal de Saint Eusèbe, prédicateur et confesseur du roi Philippe le Bel.

  • En 1348, c’est ici que le Dauphin Humbert céda le Dauphiné à la France.

  • Jacques et Pierre de Bourbon, son fils, apparentés au roi, ont été enterrés au cimetière des moines en 1361, ils étaient morts suite à la bataille de Brignais le mercredi avant les rameaux. Les tard venus ont saccagé les aqueducs romains de Brignais à cette occasion se servant des pierres pour renforcer leurs camps.

  • En 1433, le consulat a ordonné la libération d’un Jacobin emprisonné pour avoir falsifié les absolutions du pont du Rhône.

  • A la renaissance, l’église notre dame de Confort était l’église des Florentins qui dominaient le commerce et la banque lyonnaise, ils y ont enterré leurs morts depuis 1464. En 1523, Thomas Gagagne y a fait construire une chapelle pour sa famille, une médaille le commémore au palais Saint Pierre.

  • Charles VIII est venu loger aux Jacobins avec la reine en 1495. Beaucoup de statues ont été fondues pour fabriquer des boulets de canons, lors de cette visite, au contraire, Charles VIII avait offert ses canons pour qu’il soient fondus pour fabriquer les cloches.

  • En 1500, un obélisque avait été monté devant l’église des Jacobins, pour le mariage de Henri IV avec Marie de Médicis, il a été renversé suite à une réunion d’un comité révolutionnaire.

  • En 1515, la porte et les remparts du couvent des Jacobins furent démolis et reconstruits pour faire passer les imposants décors de l'accueil de François Premier faisant son entrée en ville. Le 7 juillet 1536, François 1er est revenu loger aux Jacobins.

  • La place a été ouverte en 1557 sur les terrains des religieux à l’emplacement de leur cimetière, les murs ont été démolis pour permettre l'accès du public.

  • En 1572, on a commencé à y organiser un marché.

  • Dans la nuit du premier décembre 1570, une crue fit remonter les eaux de nos deux fleuves jusqu’à cette place. Elle a encore été recouverte par les eaux plusieurs fois jusqu’en 1840. Au 17e siècle, on pouvait encore voir place Confort une plaque indiquant le lieu où les eaux du Rhône et de la Saône s'étaient rejointes le dimanche 3 décembre 1470.

  • Marquise Thérèse de Gorla, partenaire de théâtre de Molière a fait ses premières armes sur la place, dansant pour attirer les clients de son père qui y était arracheur de dents.

  • En mars 1665, les pères de Saint Nizier sont partis en procession pour venir chercher la fille du tireur d’or Jacquin, arrivés place Confort, ils ont rencontré les moines Jacobins venus pour la même raison. Dans le tumulte qui a suivi, les Jacobins ont été traités de bougres, il a été impossible d’entendre la réplique des moines, mais le corps est tombé, entraînant la souillure de la bière, puis un procès. Ces conflits entre la paroisse et les réguliers se sont multipliés tout le 17e siècle.

  • En 1694, la fièvre maligne tua de nombreux lyonnais, les cimetières paroissiaux ne suffirent plus obligeant les Jacobins à ensevelir plus de 1200 personnes dans une fosse pratiquée dans leur jardin.

  • L’église a été rasée en 1816, ainsi que le couvent. Un portail a été récupéré puis remonté rue Sully.

  • Le 8 juin 1817, après une série d’agitations dans les villages alentour, les autorités crurent à un soulèvement. Un militaire fut blessé par balle sur la place, on retrouva un homme en possession de poudre, un autre soldat fut tué rue Mercière.

  • L’hôtel de la monnaie (rue de la Monnaie) et la préfecture qui avait pris la place des moines de 1818 à 1852(rue de l’Ancienne Préfecture) ont donné sur la place, ils ont chacun donné leur nom à une rue du quartier.

  • En 1974, le vicaire de Tassin est mort dans les bras d'une prostituée de la place.

  • En 2013, la fontaine a été restaurée et le sol réaménagé tout en arrondi avec des bancs et des arbres, dans la foulée, plusieurs façades sont nettoyées.

Art et associations


  • La magnifique fontaine qui trône au centre de la place a été mise en eau en 1885 après trois autres fontaines et de nombreuses difficultés dont le sciage des quatre artistes que le sculpteur avait vu trop grands. Elle est due à Gaspard André et aux sculpteurs Degeorges et Delaplanche. Moins sensationnelle de mouvement que la fontaine Bartholdi, elle est plus riche en sculptures. Financée par le legs Danton de 1847, elle est dédiée à la ville de Lyon aux hommes qui l'ont illustrée.

  • Elle représente quatre artistes lyonnais, un par siècle, sculptés de pied avec un élément de leur art, l’architecte Philibert Delorme, le graveur Gérard Audran, le sculpteur Guillaume Coustou et le peintre Hippolyte Flandrin. D'autres noms sont gravés sur les colonnes, Désargues, de Boissieu, Lemot, Maupin, Drevet, Coysevox. Les historiens de l'art peuvent chercher à reconstituer les deux noms qui ont été effacés de la quatrième colonne.

  • Quatre sirènes déversent de l'eau ainsi que quatre têtes de lions et des poissons. Des oiseaux la couronnent, des tortues montent à l'assaut et des coquilles en consolident le socle entre de nombreux bassins.

Commerces et services


  • En 1885, Viennet y construisait des voitures, on peut en voir une au musée de Rochetaillée.

  • Fontanel est le fournisseur des décorations de Lyon, si vous obtenez la légion d'honneur, ils se feront un plaisir de vous vendre la rosette.

  • Certains des magasins sont très grands et occupent tout un immeuble, la place se reflète dans les grandes vitrines, huit d'entre eux vendent des vêtements, le neuvième des chaussures. Les autres sont un bar avec une petite terrasse sur le trottoir, un notaire, deux médecins et une société. On peut acheter des journaux dans le kiosque qui voisine les taxis et des colonnes publicitaires.



Juin 2006

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La place des Jacobins est au cœur de la presqu'île, dans le second, elle est en partie circulaire et ouvre largement sur de nombreuses rues : Gasparin, Emile Zola, Fabre, Port du Temple, de l'ancienne Préfecture, Mercière, de Brest, Herriot, de Tournes, Childebert et à nouveau Herriot vers le sud.

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