Montée de la Chana
Situation
-
La montée de la Chana débute quai Pierre Scize, place Bourgneuf, à 171m475 au-dessus du niveau de la mer, mais surtout au-dessus de la Saône. La montée se termine chemin de Montauban, à mi-pente de la colline de Fourvière, face à l’école Sainte Marie. Ici, pas de plaque en fonte pour indiquer le dénivelé gravi, mais un plan de la colline avec des courbes de niveau. Le plan est quasiment illisible et je le soupçonne d’exclure l’endroit où l’on se trouve.
-
On peut continuer sur Fourvière, soit en tournant à gauche pour aller chercher la montée Nicolas de Lange, soit en partant à droite, par la piste de ski si le portail est ouvert, sinon par la montée de la Sarra.
-
Elle fait la limite entre le cinquième, coté est et le neuvième arrondissement.
Architecture
-
C’est un escalier doublé d’un collecteur d’eau qui dévale Fourvière sur sa pente nord.
-
La montée se prend dans un renfoncement du quai entre deux maisons anciennes du quai, le coté impair est bien aligné, le n°1 bis semble une vieille usine reconvertie en logements. Les maisons coté pair sont aussi anciennes, mais plus individualisées et séparées par des cours.
-
Plus haut, la montée fait des angles dans l’un desquels se trouve une étonnante cheminée de briques, puis on chemine entre deux murs de pierres qui protègent de grands jardins.
Dédicace
-
Au moyen âge, il y a eu un prieuré de filles de la Chana qui a laissé son nom à la montée. Le prieuré aurait été fondé par l’archevêque Jean de Talaru vers 1430, et abandonné progressivement au seizièmesiècle.
-
Chana viendrait du fait qu’une fontaine coulait en telle abondance avant sa réparation en 1529 que la rue entière lui servait de lit.
-
Le mot était autrefois utilisé pour chéneau.
-
Chana serait une déformation de canabula, les tuiles creuses qui récoltent l’eau et qui sont restées sous le terme chanée.
Histoire
-
En 1310, il y avait un couvent Saint Martin le Noir à la Chana en bas de la montée, à l’angle de la porte Bourgneuf, il y était toujours en 1390.
-
En 1419, on a fait repareiller le pas de la Chana où chacun passait à pied ou à cheval.
-
Au 16e siècle, un orphelinat a été ouvert dans le cadre de l'hôpital de la Charité, les orphelins ont été regroupés à la Charité au milieu du 17e siècle.
-
Après le départ des protestants en 1563, trois temples furent maintenus dans Lyon, dont un ici.
-
Une plaque conserve la mémoire de Alfred Petot assassiné par la milice le 24 mars 1944. Il vivait ici au 20 avec sa famille et participait à la résistance au sein des groupes francs, armée secrète. Le Maitron raconte son histoire et l'arrestation, d'abord de ses frères Maurice et Valère, son épouse Andréa, leur fils Valère et sa voisine Marie Louise Desplanches dont le père Louis avait été arrêté le 13. Alfred rentré à 21 heures, a tué un milicien mais a été touché mortellement.
Art et associations
-
La maison Claudius Forestier, qui rappelle le nom de son fondateur, directeur de l'institut de Balmont fédère plusieurs associations de sourds au n°4. MCF, APES, ASS, CMJS, SE et ULSF. Depuis, elle est partie 23 rue Bonnand.
-
L’association sportive des sourds de Lyon organise un tournoi de pétanque sur l’île Barbe.
-
Au n°10, un portail s’ouvre sur le clos familial club boules.
Commerces et services
-
Pas la moindre usine de Chana, seuls les toits en arrête et la cheminée trahissent un passé industriel, merci à Colovray et Christian qui nous indiquent qu'il s'agissait de peinture sur soie et teinture.
-
Merci à Claude Philémon et Christian qui nous signalent l'école maternelle active dans les années 1950 et 1960, en 2025, on peut encore voir les grandes lettres de la plaque.
-
Au dessus, la cheminée est toujours utilisée, merci à Lucas, l'inventaire des tunnels ferroviaires de France, nous apprend qu'elle sert à l'aération du tunnel de Loyasse qui relie Saint Paul à Gorge de Loup.
Février 2006, août 2015 et juillet 2025
Dernière mise à jour :
Auteur : Franck