Boulevard de la Croix Rousse

Boulevard de la Croix Rousse







Situation


  • Le boulevard de la Croix Rousse traverse d’ouest en est toute l’extrémité sud du plateau de l’Ain.

  • Avec ses satellites, les montées Hoche et du Boulevard, il fait la limite entre le premier au sud pair et le quatrième arrondissement au nord, impair.

  • Le boulevard débute à l’angle du cours Giraud et se termine après le gros caillou sur la place Bellevue au travers du jardin Deswarte et coté nord sur la rue d’Austerlitz.

  • C’est un très large boulevard, quatre voies de circulation, plus une piste cyclable, et deux très larges trottoirs entre deux rangées de platanes qui servent de parkings. Ces places, bénies des noctambules sont à évacuer en majorité à cinq heures du matin avant le marché.

  • Les bus 2, 6, 13, 18, 45, 91 y passent.

  • La première partie monte nettement, la seconde descend légèrement, sauf à l’extrémité est.

  • Le parc du gros Caillou était en chantier lors de mon passage, donc, cette partie devrait encore évoluer. L’esplanade du Gros Caillou a été inaugurée en 2008, l’est du boulevard est devenu un jardin d’agrément.



Architecture


  • Le n°2 est un long bâtiment des frères du sacré cœur.

  • Les grandes barres n°3 et n°5 qui ouvrent le boulevard ont été construites de 1960 à 1962, c’est une grande résidence en balcon sur la Saône.

  • Ensuite, ce sont des constructions de toutes les époques à partir de 1850.

  • Le début a été construit plus récemment, c’est une alternance de barres modernes et de pavillons plus anciens avec des ouvertures comme le stade Duplat, avec les angles aigus du gymnase Génety, et les terrains de boule du clos Jouve. Au n°8, le grand bâtiment de pierres de l’IUFM a conservé l’ancien porche armorié de la Tourette.

  • Après le croisement de la rue des Chartreux et de la rue Lassalle, l’ambiance est plus urbaine, les constructions sont continues, plutôt basses, de deux à cinq étages, datant majoritairement de la création du boulevard. Coté sud, les rues partent en général à angle droit, coté nord, en diagonale, laissant parfois de grandes places triangulaires, image en creux des anciens fortins, avec des limites parfois floues, certaines façades en travers appartenant quand même au boulevard de même que celles qui sont derrière la mairie.

  • Le boulevard fait un coude au croisement des rues Denfert et de la Tourette.

  • Quelques maisons sont décorées, par des lambrequins ouvragés au 93, des fleurs et des coquilles au 107, il y a de belles entrées aux 88 et 90 avec un diable cornu.

  • L’ambiance change à nouveau au niveau de la mairie qui est un bel hôtel particulier à toit d’ardoise entouré de deux squares, la largeur a été encore accrue pour faire place à la mairie, en face, coté sud, il reste de petites maisons sans étages abritant des commerces, d’autres ont été écroulées pour laisser place à des résidences modernes.


Dédicace


  • Dans le quartier, quand on parle du Boulevard, c’est de celui-ci qu’il s’agit.

  • Ce Boulevard unit autant qu’il sépare les deux parties de la Croix Rousse, le plateau et les pentes, aussi, il ne pouvait s’appeler autrement.


Histoire


  • Ce lieu, à la rupture de la pente a été la limite de la ville jusqu’en 1852, date à laquelle la commune de la Croix Rousse a rejoint Lyon. Au nord, on était en Franc Lyonnais, dépendant de Trévoux ou de Vimy, aujourd’hui Neuville et en commune de Cuire. A la révolution, la Croix Rousse qui devenait urbaine s’est séparée de Cuire restée rurale pour vivre une cinquantaine d’années comme commune. En 1793, la Croix Rousse a été débaptisée au profit de commune Chalier, elle a repris son nom après la révolution du 9 thermidor 1795.

  • Un premier rempart a été signalé en 1208.

  • En 1515, les conseillers décidèrent de refaire les remparts en pierre au lieu de terre comme auparavant, en précaution à une possible attaque des Suisses. Le 21 juillet 1515, le roi François premier l'a parcouru de Rhône en Saône afin de les inspecter.

  • Charles IX a fait construire une citadelle durant son séjour en 1564, et il n'a voulu partir que quand elle fut achevée. Elle a été rasée peu d’années après.

  • En 1793, les Lyonnais ont subi le siège de Lyon ce qui a valu une destruction du rempart. Reconstruit en 1832, il a été définitivement détruit sous le second empire en 1862 pour créer le boulevard.

  • Une plaque posée sur la mairie rappelle les deux révoltes des canuts qui se sont rassemblés près d’ici pour descendre prendre la mairie de Lyon du 21 au 23 novembre 1831 puis du 6 au 11 avril 1834. Chaque premier mai, le syndicat Force Ouvrière vient y célébrer la fête du travail, en 2014, en présence du secrétaire général, Jean Claude Mailly.

  • Dans la nuit du 10 au 11 avril 1834, les canuts qui contrôlaient les fortifications du boulevard, voyant que les autres points de résistance de la ville étaient tombés, les insurgés se sont rendus.

  • Une autre plaque rappelle que le 25 février 1848, les canuts avaient pris à nouveau le contrôle de l’enceinte fortifiée.

  • En 1840, il y a eu une terrible sécheresse, une dame blanche est apparue aux gardiens du rempart avec une coupe remplie d’eau à la main, loin d’être un fantôme anodin, elle annonçait les inondations qui allaient ravager toute la partie basse de Lyon quelques jours après.

  • En 1864, le train est arrivé sur le boulevard depuis Sathonay. Il a barré le boulevard plusieurs fois par jour jusqu’en 1914.

  • Le 30 septembre 1879, Jules Ferry est venu inaugurer l’école d’institutrices toujours active sous le nom de IUFM. En 2012, le chantier a commencé pour en faire un collège.

  • Le gros caillou qui clôt la chaussée coté est a été trouvé en 1890 en creusant la ficelle, devenue métro ligne C. A l’époque, la lutte entre l’église et la municipalité était féroce, pendant que le maire inaugurait la ficelle et parlait du gros caillou, des employés municipaux étaient chargés d’aller démolir la croix rousse qui donnait son nom au quartier. Le gros caillou avait été amené sur la colline par l'avancée du glacier du Rhône lors d'une glaciation de l'ère quaternaire.

  • Le 1er juin 1897, le tramway de Caluire arrivait sur le boulevard, il avait été précédé par des bus à chevaux.

  • Le clos Jouve a été l’un des plus grands terrains de boule de Lyon. Le boulevard a été un lieu de loisirs avec des cinémas comme le Chantecler, et des manifestations comme la vogue des marrons dont les manèges occupent toute la partie est chaque mois d’octobre.

  • La course de vélo du Dauphiné libéré a connu une arrivée d’étape ici.

  • Vers l’an 2000, la municipalité a tenté d’introduire un projet visant à placer le marché et la promenade au milieu du boulevard, réduisant les parkings et les passages des voitures à deux petites allées de chaque coté. Une association de riverains a fait repousser le projet.

  • En 2005, la construction du parking du gros caillou a permis la réalisation de fouilles archéologiques retrouvant les fondations du rempart de 1208.


Art et associations


  • En 1930, le peintre Eugène Brouillard a fondé un groupe d’artiste du nom de République du Gros Caillou.

  • D’autres ont pris le relais :

  • Le théâtre musical lyrique comédie.

  • Une librairie, un magasin de photos.

  • Le centre international André Coindre dans le monastère du sacré cœur.

  • L’espace Régis Lesort.

  • La crèche Saint Bernard et une halte garderie.


Commerces et services


  • Le marché de la Croix Rousse est installé ici depuis l’ancien régime. Après celui du quai Saint Antoine, c’est le plus vénérable de la ville. Son emplacement s’explique par les avantages fiscaux du Franc Lyonnais et par l’octroi que subissaient les marchandises pénétrant dans Lyon jusqu’à son abolition en 1900. Quand le rempart puis la taxe sont tombés, les paysans et les marchands avaient déjà pris leurs habitudes et les Lyonnais celle de monter s’approvisionner ici.

  • Il y a cinq restaurants, deux snacks, un camion pizza et surtout onze bars avec de nombreuses terrasses. Parmi les plus célèbres, le Chantecler dans lequel on peut boire les bonnes bières élaborées sur place, le Gros Caillou, les sept marches (qu’il faut descendre) et au 65, le Modern Art café qui mêle boissons et art contemporain.

  • Quatre alimentations générales et quelques spécialistes, trois boulangeries, quatre pâtisseries, quatre boucheries, deux fromagers, deux poissonniers, une charcuterie, Marques de Pombal qui vend des produits portugais et quand arrive l’hiver un étal d’huîtres à déguster avec un bon Bourgogne.

  • En dehors de la bouche, les commerces sont nombreux et variés.

  • 48 médecins, la médecine du travail, vétérinaire, quatre pharmacies, deux opticiens.

  • Six banques avec quatre GAB, six assurances, deux points presse, un avocat, un garage auto, une auto école qui enseigne aussi à mener les bateaux.

  • Quatre coiffeurs, un magasin d’esthétique, deux bijouteries, un pressing.

  • Un antiquaire, deux architectes, deux artisans, trois fleuristes, une quincaillerie, un vendeur de machines à coudre, de décorations, de lits, d’aspirateurs, la poste, une agence de voyages.

  • Une régie et six agences immobilières, seize sociétés.

  • Il y a de nombreux bancs et pissotières, Un point vélo V, des panneaux d’information municipale.

  • Le lendemain de vent et vers quatorze heures avant l’entrée en action du nettoyage urbain, on peut venir se servir en petit bois tombé des platanes et celui des cageots abandonnés ainsi qu’en fruits trop murs.


Novembre 2005

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