Rue Marius Berliet

Rue Marius Berliet

Situation

  • La rue Marius Berliet débute rue des Frères Lumière, face au flanc sud de la manufacture des tabacs, pour une première portion orientée au sud, elle fait deux coudes puis s'oriente à l'est. Elle se termine place du 11 novembre, au flanc de la médiathèque du Bachut.

  • La première partie avait une voie de circulation dans chaque sens. En 2017, cette partie avait été réduite à une voie avec l'arrivée du tram au profit d'une piste cyclable qui continue vers le sud derrière l'hôtel de police jusqu'à la rue de l'Epargne désormais sous le nom de avenue Hélène Dutrieu.

  • Après la rue de l'Epargne, elle est sur une des voies de pénétration dans Lyon avec deux voies en direction de l'ouest et une voie de bus à contre sens.

Architecture

  • La première partie borde la voie du tramway, devant celle du chemin de fer et forme une très large avenue avec le boulevard des Tchécoslovaques qui passe de l'autre coté. Le coté est longe deux hauts immeubles, le premier impressionnant, ouvert sur la rue des Frères Lumière avec huit étages d'arrondis de balcons. Un terrain de sport, puis la longue barre de trois étages du lycée Colbert collée à un sphérique, loin derrière sa grille.

  • La seconde partie part en diagonale, on peut voir l'ancien tracé de la route d'Heyrieux devenue rue Veyron de l'autre coté des voies. Coté ouest, on longe l'hôtel de police dont l'enceinte et les bâtiments sont unis par leurs piliers bruns et ocre. Coté est, un mur d'enceinte entoure la petite usine Laissus, elle est collée à un petit immeuble du style des années 2000 avec un pilier couvert de métal à l'angle de la rue Santos Dumont. En 2026, l'usine avait disparu au profit d'une placette devant le nouvel immeuble 33. Suit une énorme barre de dix étages aux balcons intérieurs puis trois autres plus petites, chacune perpendiculaire à la précédente.

  • Elle fait un coude vers l'est en absorbant la rue de l'Epargne, un grand arrondi fait de bandes de briques la sépare de la rue Saint Romain, il est relié au suivant par un petit immeuble blanc en retrait qui épouse la courbe puis à la résidence étudiante avec de petits surplombs. Ils font face à des entrepôts de béton dont l'un transformé en bowling.

  • Il y a encore d'énormes barres de huit étages à balcons en creux après la rue Saint Gervais, chacune est un peu plus en retrait de son jardin. Avant la rue Saint Agnan, un ancien atelier Berliet rénové vers 2019 montre une belle croix de briques soutenant une grande verrière, après, trois hauts immeubles viennent sur l'alignement coté sud.

  • L'unité se rompt après la rue Villon, il y a un peu de tout, anciens entrepôts, immeuble du 21e siècle à pans bruns et beige, maison en moellons, chapy de bois, grandes barres en quinconce. Le coté sud conserve cinq maisons de bord de route, basse pour la première avant la rue de la Rosière, un étage après. Le 104 s'en distingue, c'est un beau petit immeuble de trois étages à façade en relief. Les deux parties en avancée sont tenues par des têtes de bélier. En 2026, les alignements ont bien progressé, le 104 est entouré, coté nord, le clos Saint Romain présente une enfilade brune aux deux premiers niveaux.

  • Deux arrondis à un étage viennent après la rue Saint Maurice, celui du nord est suivi par des entrepôts, celui du sud par l'école de Combe Blanche avec son toit de tuiles carré et son clocheton aigu.

  • Une butte a été aménagée en jardin de la Laïcité et en square pour enfants après la rue Antoine Lumière. Ce croisement forme un tronçon très élargi.

  • Le coté nord se termine par une station essence, le gros bâtiment à toit rond de l'ORT et des entrepôts commerciaux. Ils ont été remplacés en 2013 par deux immeubles en alignement avec les maisons de la place. Le coté sud se termine par une barre signée Bruno Dumetier, qui va jusqu'à la bibliothèque ouverte sur la place du Onze novembre, des plaques de béton alternent avec des bandes vitrées qui laissent voir des escaliers en béton et des patios.

Dédicace

  • Cette rue à l’intense circulation automobile se trouve justement dédiée à Marius Berliet qui fut l’un des plus grands constructeurs de poids lourds. Le plus grand au niveau lyonnais mais également au niveau mondial. L'une de ses usines donnait sur la rue, à l'angle de la rue de l'Epargne et de la rue Audibert et Lavirotte. On peut voir un ancien portail marqué Berliet dans cette dernière rue, dans la cour de l'établissement automobile qui fait l'angle avec la rue Berliet.

  • Depuis le 15 mai 2019, un panneau indique l'ancienne usine à l'angle Est de la rue Saint Agnan dans des ateliers rénovés dont on voit la charpente métallique. Ce doit être le dos de la précédente rachetée à Audibert et Lavirotte. Il y est inscrit, Usine Berliet de Monplaisir 1902-1989, 4000 véhicules ont été construits par 3150 salariés en 1913 et 40 camions héros de la guerre par jour en 1918. L'usine s'est ensuite spécialisée dans la formation et les véhicules spéciaux quand le gros de la production partait à Vénissieux.
  • Les actuelles usines RVI qui continuent cette industrie se trouvent plus loin sur Vénissieux dans le prolongement de la rue. On peut se faire une idée de l'industrie automobile à Lyon qui a compté jusqu'à 120 constructeurs au début de 20e siècle en allant au musée de l'automobile de Rochetaillée.

  • Marius Berliet est né le 21 janvier 1866 à Lyon, rue Jean Baptiste Say, il est mort à Cannes, le 17 avril 1949.

  • Marius Berliet a fabriqué sa première voiture en 1895 dans sa maison qui ouvrait petite rue d’Enfer, rue Barodet. Il a fait un essai dans la Grande Cote, mais la voiture a fini dans la vitrine d’un charcutier.

  • La villa de Marius Berliet avenue Esquirol est désormais consacrée à la mémoire du transport automobile, aux productions Berliet, RVI et aux 140 autres constructeurs automobiles de la région, le tout sous l’égide de la fondation Berliet.

  • Marius Berliet ainsi que ses fils ont été jugés à Lyon pour avoir commercé avec l’Allemagne pendant la guerre. Patrick Veyret vient de publier un livre, collaboration industrielle et épuration économique à Lyon dans lequel il étudie les relations de 300 entreprises avec l'occupant. A cette occasion, le Progrès du 22 mars 2009 a publié un entretien avec Paul Berliet, le fils de Marius, toujours vivant et qui a été directeur de Berliet après la guerre et une expérience de gestion ouvrière, à la tête de 24 000 employés à son sommet. Le Progrès a publié un autre article à sa mort.

  • En 1870, un autre Berliet de sa famille, J. peut être son père Joseph est apparu dans l'histoire lyonnaise, en compagnie de Marius Duc, il a tenté d'intervenir au concile du Vatican pour demander la réintégration de la Petite église, un groupe qui pratiquait encore le catholicisme de l'ancien régime. Paul Lesourd a étudié ce groupe dans son livre Solutions religieuses autres que les grandes religions.

  • Elle rencontre deux rues Lumière, celle de Antoine, et celle de Auguste et Louis. Son arrière petit fils, Christophe Mérieux a sa place à Lyon.

Histoire

  • Cette rue était l'ancienne route de Heyrieux, elle a porté ce nom jusqu'au 8 octobre 1962. Elle existait déjà sous l'ancien régime sauf la partie qui longe le chemin de fer.

  • C'est la seconde partie du 20e siècle qui lui a donné son allure, la transformation se poursuit avec des parcelles en construction et des projets. En 2017, il y a toujours plusieurs chantiers en cours dont un gros coté sud autour de la rue Saint Gervais.

  • Joseph Pernet est né à Lyon en 1859, il y est mort en 1928, marié à Marie Ducher ils ont développé la roseraie Pernet Ducher au 114 route d'Heyrieux la première à obtenir une rose jaune, Soleil d'or. Leurs deux fils Claudius et Georges sont morts à la guerre, deux roses portent leur nom.
  • L'usine Laïssus a fabriqué des engrenages au 33 de 1903 aux années 2010, l'inventaire du patrimoine lui consacre une étude.
  • L’intégrale, fabricant de boule lyonnaise, sport boules aussi connu sous le nom de longue, s’est installé en 1923 au 96, elle est repartie en 2005. Cette société est le principal fabriquant de ces boules que l’on peut entendre tinter chaque lundi de Pentecôte sur la place Bellecour pour le plus important tournoi du monde. Paul Courtieu, le fondateur avait appris à travailler chez Berliet, ce qui lui a permis d'inventer la boule métallique comme le raconte Lyon Monplaisir.

  • Le tramway est arrivé en 2012 sur la partie nord. L'ancienne usine Berliet a été rénovée après 2017 à coté de nouveau bâtiments, d'autres ont été construits vers 2020 autour du 104.
  • L'hôtel de police a été rénové avant 2024, on y a placé la plaque mémorial au commissaire Robert Coutenceau mort au camp de Buchenwald. Nommé à Lyon le 11 mars 1938 aux commissariat du huitième, puis du septième, il y a vécu jusqu'au 12 septembre 1943 où il a été affecté à Annecy puis arrêté car il participait au NAP, noyautage des administrations publiques au profit de la résistance comme le raconte le site police action solidaire.

Art et associations

  • L'association jumeaux et + y a son bureau 69.

  • Dans l'enquête du Poulpe, éthique en toc, qui se passe à Lyon, Didier Daeninckx raconte qu'en 1968, quelqu'un avait interverti les lettres des usines Berliet pour donner liberté !

Commerces et services

  • Il y a deux jardins publics, un à l'angle de la rue Antoine Lumière, l'autre à l'angle de la rue Saint Gervais, plus petit avec cinq bancs. Un terrain permet de pratiquer le basket et le hand, une salle le bowling et le billard.

  • L'école de la Combe Blanche s'est installée en 1909. ORT est un lycée technologique et un centre de formation professionnel. Le 24 février 1964, le conseil municipal attribuait le nom de Claudius Callet au lycée, né à Lyon 1, il avait été quarante ans directeur de la société d'enseignement professionnel du Rhône.

  • L'hôtel de police a accueilli le laboratoire de police scientifique en 1982.

  • Les engrenages Laissus sont signalés par des rouages sur leur portail.

  • Trois garages automobiles.

  • Un supermarché, une alimentation, un brocanteur, un magasin de décoration, une jardinerie.

  • Trois huissiers, une pharmacie, deux sociétés une station vélo V.

  • En 2026, Basic Fit annonce être ouvert en permanence, si vous voulez préparer l'ultra boucle de la Sarra sans mettre le nez dehors vous devez pouvoir courir 24 h sur leur tapis roulant.

Mars 2009, septembre 2017 et mai 2026

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La rue Marius Berliet débute rue des Frères Lumière, face au flanc sud de la manufacture des tabacs, pour une première portion orientée au sud, elle fait deux coudes puis s'oriente à l'est. Elle se termine place du 11 novembre, au flanc de la médiathèque du Bachut.

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