Rue Saint Georges

Rue Saint Georges





Situation


  • La rue Saint Georges forme l'axe principal du sud du Vieux Lyon. Les touristes la fréquentent moins que les alentours de la rue Saint Jean. Elle fait pourtant une belle promenade avec probablement le plus long alignement de maisons anciennes de la ville.

  • Elle débute place de la Trinité et se termine presque en jonction avec le quai Fulchiron, elle est prolongée vers le sud par la rue de la Quarantaine.

  • Comme il y a quelques voitures qui circulent vers le sud malgré l'étroitesse et les pavés, elle est plus agréable à parcourir vers le nord, soit en arrivant du pont Kitchener, soit au retour d'une promenade commencée sur le quai Fulchiron.


Architecture


  • La première partie est très jolie, étroite et tortueuse entre de vieilles maisons aux ouvertures arquées. On peut y voir un personnage de bois dans l'imposte du 2, une volaille sculptée, en train de rôtir sur la porte du 3, trois figures grotesques sur la façade du 11. L'entrée du 6 est conseillée pour son escalier et sa traboule du 17e siècle, mais elle est fermée.

  • En levant la tête, les façades sont simples, deux à cinq étages, plusieurs ont été surélevées, certaines en deviennent biscornues comme au 25. Celle du 7 fait exception avec ses belles doubles fenêtres trilobées. Une tête d'ours dépasse de celle du 22.

  • La seconde partie est plus large avec des ouvertures sur les places Valensio, Bertras, Commanderie et par l'école construite derrière sa cour. On passe devant l'entrée de l'église Saint Georges, bien décorée par la statue du saint terrassant le dragon et par une vierge à l'enfant entourée d'anges. Deux autres saints entourent la porte, celui de droite avec un oiseau à ses pieds, celui de gauche portant la clef de Saint Georges.

  • L'alignement se poursuit, le long de la colline, il est seulement interrompu par la montée des Epies. On peut y voir de jolis encadrements verts au 56, une coquille au 60. Deux pans de murs ont été peints en trompe l'oeil de style renaissance sur deux rétrécissements. Le premier au 41 débute une seconde portion étroite, mais les maisons anciennes sont moins décorées qu'au début de la rue, avec toujours de jolies arches toutes différentes.

  • Au-dessus du 53 une plaque représente Saint Georges et son dragon de façon plus naïve que sur l'église. Le 57, une façade de plus grande ampleur a une magnifique imposte.

  • Autour de la place du Port Neuf, les automates de Saint Georges ont décoré plusieurs vitrines avec leurs personnages animés dont une fameuse scène de Guignol jouant aux cartes.

  • Après le 69, le côté Saône a été démoli ouvrant la vue sur la rivière et le quai Joffre. En face, les constructions sont moins anciennes, plus importantes, sur trois plans le long de la colline. Le 120 et 122 avec deux ailes jumelles encadre une grande cour.

  • Ce dernier bâtiment est collé au vieux rempart qui limitait Lyon et qui monte jusqu'à Saint Just.


Dédicace


  • Une église a été consacrée à Saint Georges depuis le 9e siècle. La rue principale et tout le quartier ont également pris le nom de Saint Georges.


Histoire


  • La rue Saint Georges remonte loin dans l'époque médiévale. La première église aurait été fondée par Saint Sacerdos au 6e siècle. Les maisons ont été remplacées peu à peu, mais l'ambiance ancienne est restée. Le groupe scolaire datant de 1884 fait figure de benjamin.

  • Avant le 49, un passage couvert descend jusqu'au quai Fulchiron. Ce passage est le meilleur témoin lyonnais des premières traboules. Quand les Lyonnais sont descendus de la colline à la fin de l'antiquité, ils ont construit les maisons côte à cote sans prévoir de rue, seuls d'étroits passages permettaient d'accéder à la rivière. L'usage s'est maintenu et s'est amplifié même loin de la Saône.

  • Au sud de la rue, il y avait une des portes de la ville. On dit que le bas du mur du rempart en était le premier montant. La porte de Saint Georges était faite de deux tours, l'une sur la rue avec le passage, l'autre sur la Saône, c'est depuis celle ci qu'on tendait la chaîne chaque nuit pour interdire l'entrée en ville.

  • A partir de 1670, Charles Demia installa la première école primaire de Lyon dans la paroisse Saint Georges. Il consacra les dernières années de sa vie à l'enseignement, ouvrant quinze écoles dans Lyon en 1689.

  • En 1818, au 53, le teinturier Brunet avait fait creuser un puits qui le guérit de son eczéma. Pendant sept ans, le médecin du quartier soigna les patients avec cette eau. Malheureusement les vertus de l'eau ne venaient pas du sous-sol, mais des eaux usées de la teinturerie et le centre thermal dut arrêter ses activités quand l'origine du miracle fut connue.

  • Le 4 octobre 1935 un effondrement a tué deux personnes.

  • Au 56, une plaque incite le passant à se souvenir de Victoria Nicollet, morte en déportation à Ravensbrück.


Art et associations


  • Au 122, une plaque conserve la mémoire de René Maria Burlet, 1907-1994, peintre, fresquiste, maître verrier fondateur de l'Académie Minotaure qui y avait son atelier.

  • L'atelier des Ombres fait aussi de la peinture, la galerie Saint Georges en expose, la boutique l'art à l'oeuvre vend des reproductions de sculptures.

  • Le peintre Damin qui montre quelques vues de Lyon a son atelier collé à sa galerie Couleur du temps.

  • Le 44 est un espace associatif, les Dragons de Saint Georges au 53 organisent un carnaval, un bal et plusieurs animations.


Commerces et services


  • On peut voir une ancienne plaque d'un magasin d'articles de Saint Georges.

  • Les automates de Saint Georges sont aussi un musée du genre, des boutons permettent d'animer leurs scènes.

  • Un atelier fait du tissage, un autre de la reliure, une librairie est spécialisée dans les livres anciens. Ils font partie du circuit des métiers d'art du Vieux Lyon.

  • Le groupe scolaire Fulchiron. Un restaurant social de la ville. Une entreprise de soutien scolaire.

  • Cinq restaurants, sept bars, une alimentation et deux marchands de vin.

  • Un plâtrier peintre, un magasin de décoration, un pressing deux professions médicales.

  • De nombreux locaux commerciaux ont été reconvertis en bureaux, j'en ai compté dix sept, d'autres sont inoccupés.



Février 2008

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