Rue de la République

Rue de la République

Situation

  • La rue de la République est la plus belle rue de Lyon (comme deux ou trois autres), c’est l’artère principale de la presqu’île.

  • Elle débute place de la Comédie et se termine en s’ouvrant sur la place Le Viste, la rue de la Barre et la place Bellecour.

  • Elle est composée de deux portions qui font un léger coude articulé autour de la place de la République.

  • Les deux tiers au sud de la place des Cordeliers sont réservés aux piétons, sauf le matin en semaine où elle est remplie des fourgons des entreprises.

  • Le tiers nord est réservé aux bus. Le métro passe en dessous, on y accède par les stations Hôtel de Ville, Cordeliers et Bellecour.

Architecture

  • Cette rue est issue de la plus grande opération d’urbanisme qu’ait connu Lyon. Toutes les constructions antérieures ont été rasées puis les nouvelles construites en l’espace de cinq ans de 1854 à 1859.

  • A titre d’exemple, il a fallu aussi cinq ans de 2000 à 2005 pour rénover le palais de la Bourse. C’est le plus beau bâtiment de toute la rue, les portraits en médaillons y sont nombreux et plus fins qu’ailleurs, la pierre de taille est plus belle aussi.

  • Seuls quelques immeubles ont changé depuis, au 8, la Lyonnaise de banque a démoli puis reconstruit son siège entre 2002 et 2005 en conservant le même volume extérieur. Le 62 dépare aussi avec ses pierres plaquées.

  • C’est une large avenue, au 19e siècle, ses promoteurs s’enorgueillissaient qu’elle ait les mêmes dimensions que la rue de Rivoli à Paris, soit mille cent mètres de long sur soixante de large.

  • Elle est bordée de façades très soignées, bien décorées de balcons, têtes, chapiteaux, hautes de quatre à cinq étages. A part les dernières sur la place Le Viste, elles sont plus luxueuses au nord.

  • Trois autres bâtiments se détachent :

  • Au 14, la Banque de France occupe une sorte d’hôtel particulier à deux étages, avec une porte majestueuse et une tête auguste sous le chapiteau.

  • L’immeuble du Progrès, aujourd’hui la FNAC est le plus étonnant, avec l’embryon d’une rotonde, un vaste balcon avec une lyre et deux immenses femmes antiques en toge souhaitant la bienvenue aux visiteurs. Cet immeuble avait été mis en chantier par Emile Guimet pour en faire un théâtre.

  • Au 18, l’immeuble du Crédit Lyonnais occupe aussi tout un pâté de maison, la grande tête de lion du sommet protégeant la riche plaque de la banque et nos billets.

  • La rue possède une double rangée d’arbres sur une petite partie de sa longueur.

  • Nombre d’autres éléments valent le coup d’œil :

  • Au 33, le Grand Bazard était le plus vilain de la rue, il était utilisé par Monoprix qui l'a démoli pour y établir un commerce plus rentable. Une association s’est montée pour le sauver comme emblème du grand commerce lyonnais. Il a été remplacé par un cube aux façades en dévers dans lesquelles se reflètent les alentours.

  • Il y a une belle porte en bois au 37 et d’autres tout au long de la rue.

  • La façade du 28 est bien différente par l’emploi de briques en plus des pierres habituelles, la petite colonne qui unit les deux fenêtres au-dessus de la porte est bien jolie et curieuse.

  • Deux lions se défient face à face au 32 et au 45.

  • L’angle du 69 est aussi défendu par un lion qui a la gueule si démesurément ouverte que le maxillaire inférieur a disparu, l’immeuble est couronné par un petit dôme.

  • Le 73 est dédié à Saint Louis, une belle façade qui paraît rescapée de l'époque précédente.

  • Le coq doré du Pathé trône de façon bien kitch, très haut sur sa colonne.

  • Le 68 possède de nombreux visages, désespérants par leur air de tristesse, sauf les quatre diables grotesques du premier étage.

Dédicace

  • On est en république, donc c’est la rue de la République.

  • Lors de son ouverture, on était en empire, donc c’était la rue Impériale.

  • Ce mode de dénomination ne s’applique pas à la royauté, la rue Royale étant déjà prise.

  • La statue de la République trône place Carnot.

  • Les Lyonnais l’appellent volontiers rue de la Ré.

Histoire

  • En 1853, après les différentes insurrections qu’avait connu la ville de Lyon et le rattachement de Vaise, la Croix Rousse et la Guillotière, la ville de Lyon était considérée comme ingouvernable. L’empereur Napoléon III supprima le poste de maire de Lyon au profit de mairies d’arrondissements. Il envoya le préfet Vaïsse pour renforcer le gouverneur militaire De Castellane et gouverner la ville d’une main forte.

  • Le 27 décembre 1853 Vaïsse annonça son programme de grands travaux dont la pièce maîtresse était le percement d’une large avenue entre Bellecour et les Terreaux, alors entrelacs de ruelles impossible à traverser et que la troupe tentait vainement d’investir à chaque insurrection.

  • La première pierre de la rue fut posée au 19 le 28 avril 1855, au grand Hôtel de Lyon, face à la Bourse.

  • La rue de la République fut percée au prix d’innombrables démolitions de 1854 à 1859 sous le nom de rue Impériale. Le chantier a nécessité l'expulsion de douze mille personnes.

  • Cent cinquante ans plus tard, les immeubles construits sont toujours là, propriétés de la société immobilière de la rue Impériale installée au 49, mais absorbée en 2004.

  • Le 24 juin 1894, l’anarchiste Caserio est venu assassiner le président de la république Sadi Carnot au sortir d’un banquet donné au palais de la bourse. Une plaque et un pavé rouge rappellent cet épisode. Le mage Papus l’avait annoncé, mais de façon tellement obscure qu’on ne put en tenir compte. Un autre mage l’avait annoncé de façon trop précise ce qui fait qu’on l’avait interné par précaution avant la venue du président. En représailles, le café Casati, un peu plus au nord sur la rue, a été incendié et de nombreux commerces italiens attaqués.

  • Le 26 janvier 1896, au 1, les frères Lumière ont ouvert la seconde salle de cinéma du monde, dit la plaque au-dessus de la porte. La rue a été la principale pour le cinéma à Lyon avec les premiers multisalles remplaçant les mille huit cent places du Pathé. Plus de cent ans plus tard, le Pathé, avec dix salles est le plus important cinéma de Lyon et l’Ambiance, avec cinq salles s’est spécialisé dans les films en version originale.

  • Pendant la plus grande partie du 20e siècle, le journal le Progrès a été installé ici, un grand hall permettait de venir lire gratuitement le journal. Comme il s’agit du journal de plus important de la ville, les cafés des alentour ont attiré tout ce qui est pouvoir à Lyon, désirant obtenir ou divulguer des nouvelles. Deux titres de gloire à ce quotidien fondé en 1859. Il est le doyen des quotidiens français, et fut le seul à publier l’appel du général de Gaule en juin 1940. L’imprimerie du Progrès se trouve actuellement en banlieue à Chassieu et la rédaction est partie rue Servient puis rue Montrochet. Les meilleurs tirages ont atteint les 500 000 exemplaires. Le 7 mai 1968, c’est devant le Progrès que les étudiants sont venus manifester.

  • Bernard Clavel a publié son premier livre sous le titre Vorgines en feuilleton dans le Progrès. On peut toujours trouver ce livre magnifique dont le héros est le Rhône sous le titre Pirates du Rhône.

  • Pendant la guerre de 1940, la milice a installé son siège dans les locaux du Progrès (la FNAC), qui s’était sabordé faute de pouvoir donner une information sincère. A la libération, le 3 septembre 1944, les locaux ont connu quelques lynchages.

  • Le 8 mai 1945, dès l’annonce de l’armistice, les Lyonnais sont venus défiler dans la rue.

  • Au 41, deux grandes médailles gardent la mémoire de Paul Duvivier, fondateur du Tout Lyon et consul de Colombie.

  • Un bijoutier de la rue, Finet, a participé à l’histoire mystérieuse de la ville avec son frère en finançant les œuvres religieuses de Marthe Robin, une femme de Châteauneuf de Galaure, octante kilomètres au sud de Lyon, qui à la suite d’une maladie était devenue mystique. Elle a vécu de 1925 à sa mort en 1981 couchée, paralysée, aveugle, sans plus sortir de chez elle, à recevoir des visiteurs et surtout sans boire, ni manger, ne se nourrissant que d’hosties. Cinquante ans sans manger sont difficiles à avaler à Lyon, et Finet fut bien moqué, mais force est de constater que son établissement fut la première des septante cinq maisons de la charité existant à l’inspiration de Marthe Robin dans le monde entier et que l’église songe à la béatifier. Un grand établissement d’accueil est en cours de constitution à Châteauneuf.

  • En 1974, on éventra la rue pour y faire passer le métro et en 1976, la partie sud fut la première rue de Lyon et de France à être transformée en rue piétonne.

  • En 1991, les archives municipales lui ont consacré une exposition et un livre : De la rue Impériale à la rue de la République.

  • C’est actuellement la promenade la plus fréquentée de Lyon, exagérément en fin d'après midi.

Art et associations

  • Dominique Camard y est luthier, Martenot tient un atelier d’art.

  • Il y a deux clubs de sport, un de yoga.

  • L’association la plus importante est la chambre de commerce et d’industrie qui possède le palais de la bourse.

  • La FNAC organise souvent des animations commerciales à caractère artistique ou culturel, concerts, conférences et ouvre continuellement des expositions de photos. Le crédit Lyonnais propose aussi fréquemment une exposition de peinture.

  • La section lyonnaise du club alpin a apposé une plaque à la mémoire de Roger Duplat et Gilbert Vigne, disparus le 29 juin 1951 en tentant d’escalader la Nanda Devi.

  • Parfois, des groupes d’indiens viennent jouer de la flûte de pan, des européens de l’est du violon ou de l’accordéon, d'autres viennent avec leur piano, leur scie musicale, leur biniou, mais plus souvent leur guitare. Certains dessinateurs ont la coutume de venir reproduire des tableaux de maître à la craie sur les pavés de granit. Des magiciens s'y produisent, des hommes statues cherchent à atteindre l'immobilité.

  • Nizier du Puitspelu a vécu au 17 de ce qui était alors la rue Bellecordière, on lui doit le Littré de la Grand Côte.

Commerces et services

  • C’est un bon emplacement pour le commerce, la banque de France y est depuis l’ouverture de la rue en 1855, le grand Bazard depuis 1886, la société Générale, la Lyonnaise de banque, le café américain, l’agence Havas sont installés depuis plus de cent ans. Le 21e siècle est rude, le grand Bazard est devenu Monoprix, le café Américain, l'Institution et la Banque de France est partie à la Confluence.

  • Etant une adresse prestigieuse, les sociétés y sont nombreuses, dans les étages ou dans les bâtiments sur cour, j’en ai compté septante.

  • C’est le siège social local de plusieurs banques, dont le Crédit Lyonnais, et la Lyonnaise de Banque, elles sont dix, pour la plupart regroupées autour de la Banque de France et occupent pour la plupart un pâté de maisons. Donc on y trouve des guichets automatiques et des bureaux de change en plus de celui de la Banque de France.

  • Beaumont et Finet, ainsi qu’Augis 1830 sont deux bijouteries célèbres.

  • Il y a quatre restaurants plus neuf snacks, deux pâtisseries et les fameux chocolats Voisin.

  • Cinq magasins de décoration, un de tissus, un de tapis, un de meubles.

  • Neuf régies ou agences immobilières.

  • Vingt cinq magasins de vêtements dont le printemps, successeur des Deux Passages ouvert au 19e siècle, qui occupe tout un immeuble, sept marchands de chaussures, un de gants, un d’articles sportifs.

  • Un seul coiffeur, dix instituts de beauté, deux parfumeries, cinq bijouteries, deux horlogers, deux vendeurs de téléphone.

  • Vingt huit avocats, six assureurs, six huissiers, un point presse.

  • Trente quatre médecins, trois infirmiers, six kinésithérapeutes, cinq opticiens, trois infirmiers.

  • Trois agences de voyage, un cours de langue, trois photographes.

  • Cinq écoles, deux agences d’intérim.

  • Les services institutionnels sont tous là, agence TCL, EDF, SNCF, ANPE, CCI, Trésorerie municipale et délégation de la ville au service public.

  • Top affaires, journal d’annonces.

  • Un kiosque de fleuriste.

  • Comme les badauds sont nombreux, plusieurs instituts de sondage viennent faire leurs enquêtes ici, aussi, en parcourant la rue, vous pouvez vous voir invités à déguster un plat en sauce à onze heures du matin si vous avez la poisse, ou une bière à deux heures de l'après midi un jour de chance. Le plus fréquent étant toutefois les enquêtes d’opinion ou que des groupes d’intérêt viennent vous demander de soutenir leur action. Les associations caritatives se relaient pour faire concurrence aux mendiants. Il se partagent l'année et se distinguent par leur allure amène (ton pognon) et la couleur de leur chemise. D'autres vendent des produits symboliques pour soutenir les sortants de prison, les sans abris ou les jeunes de banlieue.

  • Les bancs publics sont nombreux, certains sont élaborés, ils permettent de se tenir debout en s'appuyant dessus.

Juillet 2005

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