Pont de Pierre

Pont du Change

Situation

  • Je ne ferais pas le coup deux fois, consacrer toute une page à une voie qui n'existe plus depuis cent cinquante ans. Mais le lieu est d'importance, s'il était toujours en place, le nombre de touristes visitant Lyon en serait peut-être décuplé.

  • Il permettait le passage entre la place du Change et Saint Nizier.

Architecture

  • Il était tout en pierres avec de solides fondations sur des rochers granitiques situés dans le lit de la Saône. Il était massif avec des piliers soutenant une dizaine d'arches.

  • De nombreuses pierres portaient des inscriptions romaines puisque les carrières utilisées pour le construire étaient celle de l'amphithéâtre des trois Gaules et celle du temple d'Auguste.

  • En rive gauche, quatre ou cinq maisons étaient construites sur le pont.

  • Une trappe était aménagée dans l'arche des merveilles afin d'y précipiter le taureau pendant la fête des merveilles.

Dédicace

  • Comme il était le seul pendant presque cinq cent ans, il s'est appelé, pont de Saône, puis quand il a fallu le distinguer, pont de Pierres et enfin pont du Change, pour sa destination.

Histoire

  • C'est le lieu le plus probable du probable pont romain en raison de son emplacement central et des rochers qui faisaient une sorte de barrage partiel dans le lit de la Saône.

  • Le premier pont de Lyon a été inauguré en 1070 par le pape Innocent III. On cite aussi les travaux de l'archevêque Humbert en 1076. A cette date, les droits sur le pont de Saône ont été attribués par le pape à l'archevêque Humbert et Guygue, comte de Forez.

  • Depuis le traité de Verdun en 843, la rive droite appartenait à la France et la rive gauche à l'empire, aussi quand on a bâti une tour de chaque côté, elles se sont appelé tour de France et tour de l'empire.

  • Pendant tout le moyen âge, le clou de la fête des merveilles se déroulait sur ce pont. La fête des merveilles réunissait les Lyonnais de différents quartiers venus en procession. Quand tout le monde était réuni, on jetait un taureau vivant dans la Saône depuis le pont pour le repêcher, le tuer et le manger rue Ecorche Boeuf (maintenant Port du Temple). Cette fête ayant pris des proportions exagérées fut interdite en 1347, en 1364, en 1410 puis chaque fois reprise. Une de ces exagérations était que dans le culte au taureau persistait l'ancien culte païen de Cybele insupportable au clergé dominant.

  • En 1402, les meneurs d'une rebeine ont vu leur tête mise au pilori sur le pont de Saône. A cette époque, c'est aux deux extrémités de ce pont qu'on proclamait les édits.

  • Le 12 juillet 1515, les conseillers de la ville achetèrent des cent de bois à déposer sur le pont et devant l'hôtel de ville pour faire des feux de joie en l'honneur de François Premier qui allait faire son entrée en ville. On trouva des lettres anonymes signées du pôvre peuple de Lyon dénonçant les dépenses exagérées.

  • Cette tradition a revécu à l'époque du carnaval. On jetait un mannequin dans la Saône le mercredi des cendres, au plus intrépide des nageurs de plonger pour le repêcher.

  • En 1562, Gabriel de Saconay raconte que les protestants qui occupaient la ville avaient fait trois prisonniers sur le pont, deux d'entre eux furent exécutés sur le pont, le troisième jeté du pont une pierre au cou, la pierre se brisa sur les rochers, le prisonnier partit à la nage, franchit les chaînes de Saint Georges et nagea jusqu'à Vernaison où il trouva de l'aide. Le 23 mai 1562, c'est le gardien du couvent de Saint Bonaventure qui a été tué par les protestants sur le pont de Saône. En 1567, on a brûlé des livres protestants sur le pont de Saône.

  • Le 7 février 1594, à l'approche de Ornano posté à la Guillotière, des troupes du Platre ont monté une barricade au bord du pont, à l'Herberie afin de soutenir le parti du roi contre les échevins qui voulaient rallier Lyon à la Savoie et à l'Espagne. Une fois le parti de Henri IV vainqueur, les anciens échevins ont été déposés.

  • 1628, la peste était terrible, on avait monté une chapelle sur le pont pour y dire des messes aux pestiférés, la peste était si forte qu'on cite une femme six fois veuve cherchant déjà un nouveau mari.

  • Ce pont bénéficiait de fondations rendues particulièrement solides par les rochers de la Saône, aussi, il résista 772 ans aux éléments puis il fallut quatorze ans aux hommes pour faire disparaître pont et rochers en 1856 afin de promouvoir la navigation.

  • le 17 novembre 1829, un enfant naquit sur la chaussée du pont, le lieu devait être propice, le petit Antoine Gailleton devint maire de Lyon.

  • A la même époque, un cerisier légendaire y poussait entre les pierres de l'une des piles.

  • En écroulant le pont, on a retrouvé de nombreuses inscriptions romaines, dont celle d'un sacrifice taurobolique en l'honneur de Septime Sévère en 194. Les cippes funéraires étaient généralement dédiés aux dieux manes DM et sub ascia (une sorte de hache), souvent pour commémorer la mort d'enfants, de conjoints bien aimés ou de personnages importants par leur fonction.

  • Parallèlement on avait reconstruit un second pont qui dura de 1847 à 1974, date à laquelle on s'en débarrassa, car il risquait d'entraver les plus gros navires d'une hypothétique liaison Rhin Rhône, et pour favoriser la circulation automobile qui passe depuis cette date par le pont Juin.

  • Vers l'an 2000, on a pu traverser la Saône à cet endroit par un pont flottant qui y avait été placé pendant une courte période.

  • En 2017, j'ai vu une plaque explicative sur le mur du Rocambole, quai Romain Rolland.

Art et associations

  • Il a inspiré des artistes dont Joannès Drevet et Théodore Basset de Jolimont et les premiers photographes.

Commerces et services

  • Au 17e siècle, Gérard ou Girard Désargues y avait construit une maison, côté aval il avait fait installer une audacieuse pièce en encorbellement pour y ouvrir le café Neptune à la vue imprenable sur la Saône et le rapide de «la mort qui trompe». Désargues a été l'un des plus importants géomètres de son siècle, le premier à dépasser Euclide, il était le maître de Blaise Pascal.

Juin 2005

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Je ne ferais pas le coup deux fois, consacrer toute une page à une voie qui n'existe plus depuis cent cinquante ans. Mais le lieu est d'importance, s'il était toujours en place, le nombre de touristes visitant Lyon en serait peut-être décuplé.

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