Quai de la Pêcherie
Situation
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Le quai de la Pêcherie occupe la rive gauche de la Saône, il suit le quai Saint Vincent vers l’aval après le pont la Feuillée et la rue d'Algérie. Il se termine à la place d’Albon puis continue par le quai Saint Antoine.
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La circulation se fait du nord au sud sur quatre voies dont une pour les bus (31-40-43-90-184-393) avec plusieurs arrêts. En 2025, la chaussée est plus étroite avec une voie de vélos, les bus ne se contentent plus d'un seul numéro (Tb11-C13-C18-C14-31-40-S1-Pl3-S6-JD974)
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La vue est très belle sur le vieux Lyon et la colline de Fourvière.
Architecture
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C’est ce quai qui a servi de modèle architectural à tous les quais de Lyon. Il a déclenché l’admiration de plusieurs voyageurs du 19e siècle.
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Il est composé d’un bas port juste au-dessus du niveau de la Saône qui a été aménagé vers la fin du 20e siècle avec quelques arbres. On peut y marcher jusqu’à un port avec des gradins en mini amphithéâtre, souvenir des anciens ports de la Saône. Il a été rasé en 2021. Puis vient le haut mur qui protège la ville, fait de pierres blanches avec un parapet. Depuis les années 2010, il fait partie des Rives de Saône.
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Ensuite vient la chaussée puis les maisons.
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Le trottoir coté Saône se trouve à l’ombre de platanes avec les petites bibliothèques métalliques des bouquinistes arrimées à la rambarde.
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Le 1 se distingue, il s’agit d’un immeuble massif du 19e siècle, face au pont la Feuillée, orné de lions et de diables grimaçants.
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Il y a ensuite une belle enfilade de façades majoritairement du 19e siècle. Le 9 se distingue par ses étages plus hauts. L'angle nord de la rue de la Platière est plus récent, dans le style des années 1930, il montre un bel arrondi souligné par le balcon au dessus de la terrasse de la Pêcherie qui regarde le mur des libraires. Celles qui encadrent l'impasse sont remarquables par leurs balcons et leurs sculptures, elles sont datées et signées, Prosper Perrin 1870 au 10, P Bellemain 1870 au 11. Le 12 a aussi des encadrements de fenêtres décorées. Les immeubles font six étages et certains sont couronnés par un bandeau d’ardoise à la jonction du toit de tuiles.
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Il y a quelques belles portes comme celles du 3, 4, englobée dans l'encadrement de bois du coiffeur, 12 et 14.
Dédicace
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C’est ici que se trouvait la Pêcherie, halle aux poissons où les pêcheurs venaient vendre les poissons de la Dombes et des rivières. La halle avait été construite en 1671, elle existait encore en 1816.
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Il s'est un temps appelé quai d'Orléans.
Histoire
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Cette partie de la ville est occupée depuis le moyen âge.
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Sous Childebert, le rempart était à la Pêcherie.
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Se trouvant au nord du pont du Change, et de Saint Nizier, c’est devenu le cœur de la ville depuis le 11e siècle. En 1416, il y avait une place de la Grande Pêcherie, le consulat a demandé à la faire vider.
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En 1435, les pêcheurs du bourg Saint Vincent et ceux de la grande Pescherie ont été commis pour recueillir la chaîne dans la tour de Pierre Scize alors que les armées ennemies avaient déclaré la trêve.
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En 1438, le consulat faisait réparer la porte de la petite Pescherie.
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L’emplacement de ce quai était un alignement de maisons plongeant dans la Saône qui formait le coté ouest de la minuscule rue de la Pêcherie. On les voit sur le fameux plan scénographique du milieu du 16e siècle. Un détail attire l’œil, il y a de nombreuses barques amarrées aux maisons des quais. La légende dit que c’est ici qu’étaient installés les bordels de la ville et que par soucis de discrétion, il fallait pouvoir partir en barque.
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Molière a vécu rue de la Pêcherie en 1657.
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Le 29 mai 1793, le bataillon, de la Pêcherie, dit Brutus a été accompagné sur la place des Terreaux par un représentant de la municipalité, sitôt ce dernier rentré à l’hôtel de ville, les forces de la municipalité qui étaient retranchés à la mairie ont ouvert le feu déclenchant la journée de bataille qui vit les forces du département prendre le contrôle de la ville et entrer en résistance contre la tyrannie.
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A la fin du 18e siècle, on désira améliorer la circulation. Il fallu attendre 1840 et des fortunes dépensées en expropriations, notamment sur la caisse royale, Louis XVIII voulant fêter la naissance d’un héritier pour que le quai soit livré.
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Le train de Neuville y a eu longtemps son terminus.
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Les Lyonnais aimant nager, des bateaux à fond plat appelés bêches étaient amarrés le long du quai formant des espaces pour nager sans se faire emporter par la Saône au sortir du rapide de la mort qui trompe. Un de ces maîtres nageurs, soupçonneux et vivant sur son bateau, un certain Neyret avait aménagé une ouverture sous sa bêche. Ainsi, sa demeure solidement fermée de l'intérieur, il plongeait et ressortait en nageant. Le soir en revenant, été comme hiver, il plongeait dans la Saône pour regagner son domicile inviolable. Certains se rappellent encore du ponton qui se trouvait face à la rue Longue, une corde permettait de remonter celui que la Saône voulait emporter.
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Léon Bouveret a vécu au 1 jusqu'à sa mort le 20 février 1929. Il est venu à Lyon comme médecin, a lutté contre le choléra et a identifié une tachycardie, la maladie de Bouveret, et une obstruction de l'estomac, le syndrome de Bouveret.
Art et associations
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Au 19e siècle, la société des bibliophiles lyonnais avait son siège au 1. Ils ont notamment édité un livre relatant l'entrée de François 1er dans la ville le 12 juillet 1515. Un de ses membres, Georges Guigue a édité plusieurs documents médiévaux dont le cartulaire de la ville. De nombreuses informations de ce site sont issues de ces éditions. En 2015, j'ai vu une plaque au 9 à la mémoire de Mathieu Husz, établit ici en 1482 dont le livre Grant danse macabre de 1499 présente la première représentation d'un atelier d'imprimeur. La page est reproduite sur le site printmuseum. Le libraire Philippe Lucas continue de vendre des livres anciens sur les lieux mêmes où Husz imprima le sien comme il le développe dans son livre Mathieu Husz, imprimeur au berceau de l'imprimerie à Lyon. Adresse oblige, la librairie est aussi spécialisée dans les livres de pêche.
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La littérature y est toujours reine avec deux librairies dont, à plus d’un titre et vingt échoppes de bouquinistes.
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Les danseurs ont le studio de danse ainsi qu’un magasin d’articles de danse.
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Il y a un encadreur de tableaux et un restaurateur d’objets d’art.
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En 1999, treize auteurs ont publié 13 quai de la Pécheresse, racontant l'histoire des habitants d'un immeuble du bord de Saône.
Commerces et services
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En dehors des bouquinistes, il y a quatre magasins de décoration originaux.
On y trouve aussi :
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Un restaurant japonais, le Minanée et un bar.
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Un magasin de meubles, un antiquaire et un ébéniste.
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Un fleuriste.
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Une agence immobilière.
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Deux magasins de vêtements, deux coiffeurs.
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Un tabac, une banque, un marchand de journaux et une pharmacie.
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Le trottoir est large, les écoles primaires du quartier s'en servent de cour de récréation. Les passants doivent parfois participer aux jeux de ballons car la cour n'est délimitée que par des barrières basses. Ils n'y sont plus en 2025.
Septembre 2004, avril 2011 et décembre 2025
Dernière mise à jour :
Auteur : Franck





























